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Marche pour les sciences, financiarisation de la recherche

21 Avril 2017 , Rédigé par matthews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On pourrait aborder nombre de sujets concernant la recherche, le manque de moyens financiers, le différentiel de financement par rapport à d’autres pays qui investissent dans l’avenir et dans le progrès, et aussi lié à cela, la précarisation des personnels, techniciens, ingénieurs, chercheurs, évoquons aussi la pression éditoriale des journaux scientifiques qui dépossède les chercheurs de leurs articles tout en faisant payer très cher la communauté scientifique pour pouvoir y avoir accès.  Parmi ces sujets, un autre plus souterrain, est le système normatif économique qui nous est appliqué et qui réduit le champ des possibles, des idées et de la création.  Nous sommes entrés dans l’ère du consumérisme scientifique, dans l’ère de l’économie de la connaissance, pour vous expliquer les fondements  de celle-ci cette citation la résume : « La connaissance est comme la connerie : elle est infinie. Cela change tout. Si les matières premières sont finies, la connaissance est infinie. Donc si notre croissance est basée sur les matières premières, elle ne peut pas être infinie. Si elle est basée sur la connaissance, une croissance infinie est très facile à atteindre ». Idriss Aberkane. Lui-même faisant partie de ce système.

Le cadre est posé, les lois du marché s’appliquent de plus en plus aux sciences, et il est de plus en plus compliqué de faire naitre les controverses qui font les avancées scientifiques car il faut aller vite pour créer de la croissance au rythme des places financières. Quand Trump dit qu’il n’y a pas de réchauffement climatique d’origine anthropique, il bloque la possibilité d’une controverse, de son autorité de Président de la première puissance mondiale.  C’est tout l’inverse d’une vision de progrès sous sa version des lumières, c’est une défense des lois du marché exprimée par le plus libéral des libéraux. La recherche publique est un bien commun, d’elle émanent les avancées fondamentales du savoir, de la connaissance, des techniques et de la société. Il faut la protéger des idéologies de Trump ou d’autres  comme Chris Anderson défenseur de la fin de la théorie,  qui prétend que le numérique, le big data vont se substituer aux scientifiques et au besoin d’apprendre.

En ces temps d’élection présidentielle en France, il apparait un abandon du politique à la technocratie, elle-même associée à la gouvernementalité algorithmique. Selon Antoinette Rouvroy : «  C’est-à-dire l’évolution vers un monde qui parait de plus en plus fonctionner comme s’il était constitué lui-même de corrélations, comme si celles-ci étaient ce qu’il suffit d’établir pour en assurer le bon fonctionnement. »

Voilà, le nouveau monde que l’on veut nous imposer, or la science est un obstacle à l’apparition de celui-ci car le scientifique est le mieux placé pour savoir que la corrélation n’implique pas la causalité (Cum hoc sed non propter hoc).  Il est trop tard pour que les candidats s’expriment à ce sujet, mais espérons un réveil d’entre deux tours de celui qui saura le mieux porter l’idée de République, de progrès sous sa version des lumières.  

 

                Cédric Matthews pour une République moderne, texte présenté à Marche pour les sciences samedi 22/04/2017

 

 

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