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Europe, le pouvoir légitimé par sa non légitimité

18 Octobre 2015 , Rédigé par matthews

Europe, le pouvoir légitimé par sa non légitimité

En voulant faire de la communication c’est-à-dire rendre percutant la sonorité des mots pour les faire entrer en résonance il peut arriver que l’on détruise le sens historique de ceux-ci ou que l’on renie les principes que l’on est sensés défendre. Par exemple, si on associe en bon communicant le souverainisme et le déclinisme dans un énoncé du type : « Et je vais ajouter, si je puis dire, un codicille ou un complément : le souverainisme, c’est le déclinisme », on renie la possibilité à une communauté politique, c’est-à-dire le peuple, de pouvoir décider de lui-même, par lui-même, pour lui-même. Il aurait été peu étonnant que cette phrase eut été dictée par un haut fonctionnaire de la technocratie européenne ou par un commissaire européen. C’est d’ailleurs le minimum attendu d’une posture euro-centrée qui voit les peuples d’Europe comme la dernière frontière à abattre pour célébrer l’avènement d’une société post-démocratique. Que les thuriféraires eurolâtres se ravissent, cette phrase aujourd’hui historique, cette posture politicienne fût celle d’un président de la République française élu en 2012. Il est important de rapprocher cet évènement d’un autre passé inaperçu car cantonné dans la sphère de la commission européenne et des accords transatlantiques de libre-échange dits TAFTA, mais toutefois publié dans le journal « THE INDEPENDENT ». Dans celui-ci Mme Cécilia Malmström commissaire européen en charge du commerce et des négociations, reconnait qu’il y a un débat houleux et une opposition publique massive en Europe contre ces accords. Cependant, elle considère devoir continuer sa promotion persistante du traité car son mandat ne provient pas du peuple européen. Le cynisme d’une telle posture en dit long du fonctionnement de cette institution qui s’est mise hors sol, hors de contrôle de la volonté démocratique et surtout légitimée par sa non légitimité.

En y réfléchissant bien, on peut douter de la maladresse de communication à visée « ringardisante » du souverainisme. Plutôt, le dessein voulu, semble être celui d’un auto-effacement bien pensé de la légitimité présidentielle par l’abolition de l’idée de la souveraineté nationale qui donne cette légitimité. C’est peut-être là, la déclinaison de la posture d’une présidence normale, présidence, absorbée, annihilée dans le trou noir des instances « extranationales » européennes et qui se laisse tenter d’en finir avec l’idée fondamentale de la nation, de son peuple, de sa souveraineté et pour finalement muter en légitimation par sa non légitimité.

Les légitimistes, républicains des deux rives, coincés par le respect des institutions, piégés par la pratique qui en est faite, conscients du déclinisme de cette classe politique doivent attendre activement le renouvellement des instances en 2017. D’ici là, nul ne sait jusqu’où sera poussé en France et ailleurs le principe schumpetérien de la destruction créatrice si chère aux souffleurs embusqués de la scène politique parisienne.

Cédric Matthews, citoyen pour une République moderne

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